Note d’intention

La première fois que j’ai lu ce roman, j’ai eu la sensation de lire notre monde avec ce doux décalage de la parole animale. C’est un roman pour enfants qui parle aux adultes, qui nous fait « grandir » parce que nous retrouvons cet état d’enfant face au monde. C’est un conte philosophique, avec toute la fantaisie et l’humour qu’apporte cette vision animale.

Je l’ai d’abord lu à voix haute à un petit garçon de cinq ans. J’ai alors réalisé tout l’enjeu qu’il y a de découvrir une histoire sans image. Comment se crée t-on nos images quand elles ne sont pas dessinées ? Comment joue t-on sur scène en laissant le spectateur imaginer les décors, les couleurs, les ambiances, les personnages ?

Cette histoire a croisé la mienne. J’ai perdu ma mère cette année là. J’ai été alors confrontée à différents questionnements : comment se retrouve t-on animal sur terre quand on est face à la vie qui s’arrête ? Comment rend-on hommage ? Comment trouver les mots pour en parler ? Comment en parler aux enfants ?
Cela faisait quelques temps que je voulais créer un solo : concevoir un projet et être seule sur scène. Tout le parallèle avec l’apprentissage de l’envol de la petite mouette prenait son sens à ce moment là. Sans l’avoir prémédité.

Charlotte Tessier